Zeta Shoes - Laure Babin

Quand une idée folle devient une marque iconique : l’ascension de Laure Babin

Comment une étudiante bordelaise a transformé du marc de raisin en une marque qui bouscule l’industrie de la mode

Quand rien ne la destinait à entreprendre

Laure Babin grandit loin des clichés de l’entrepreneuriat. Pas de parents chefs d’entreprise, pas de réseau dans la mode. Juste une curiosité insatiable, un goût pour le dessin et une sensibilité profonde aux enjeux environnementaux.

Élevée par des parents instituteurs, elle développe tôt un besoin d’accomplissement personnel, de sens, de création. Pendant ses études à Angers puis à l’IAE de Bordeaux, elle multiplie les stages dans la mode en France, au Cambodge, au Pérou. Elle observe, elle apprend…

En 2019, alors qu’elle termine son master, elle ne sait pas encore qu’elle s’apprête à bouleverser un secteur entier.

Une industrie qui tourne à l’envers

C’est au fil de ses stages que Laure réalise l’ampleur du problème :
70 % des baskets mondiales sont fabriquées en Asie, avec des matériaux polluants comme le cuir tanné ou le polyester. Elle voit les conditions de production, les impacts sociaux, les montagnes de déchets. Et elle se pose LA question qui change tout :
“Comment agir à mon échelle ?”

Elle remarque qu’il existe déjà des vêtements éco-responsables… mais presque aucune chaussure recyclée.

Alors elle se met à chercher, tester, dessiner. Et un jour, une idée folle s’impose :
Se servir de déchets recyclés, comme le marc de raisin, pour les transformer en baskets originales et innovantes.

Entre rêves et réalités : le début d’un projet

Laure démarre seule, en autofinançant son projet, du pur bootstrapping.
Elle jongle entre son master, un job dans un bar pour payer ses prototypes, et des nuits entières à chercher des fournisseurs. Les difficultés s’enchaînent :

  • Manque d’argent
  • Manque de crédibilité (elle ne dit pas qu’elle est encore étudiante, mais les usines devinent son âge)
  • Des refus, des doutes, des portes qui se ferment

Elle pense plusieurs fois abandonner. Mais elle tient bon.
Parce que son idée a du sens. Et ça, ça vaut plus que n’importe quel business plan.

Quand tout s’aligne enfin

Après un an de recherche et développement, elle trouve enfin les bons partenaires :

  • Vegea, une entreprise italienne pionnière du “cuir de raisin”
  • Des usines portugaises prêtes à la suivre
  • Une communauté sensible à la transparence et à l’impact

En 2020, elle lance une campagne de crowdfunding. Et là… c’est l’explosion.
La transparence du concept séduit immédiatement. Zèta est née.

Quand l’impact devient réel

Depuis 2020, Zèta a :

  • Écoulé plus de 45 000 paires de baskets recyclées
  • Produit plus de 20 000 paires rien que sur les premières collections
  • Ouvert une boutique à Bordeaux
  • Réussi une levée de fonds participative pour accélérer son développement
  • Fait grandir une équipe de 6 personnes en 2023

La marque se distingue par :

  • Une transparence totale
  • Une production européenne
  • Des matériaux revalorisés (raisin, maïs, café, plastique recyclé…)
  • Une démarche zéro déchet
  • Une vision claire : réutiliser ce qui existe déjà

Ce que son parcours peut t’inspirer

  1. Le sens est un moteur parfois plus puissant que la motivation

Quand tu sais pourquoi tu fais les choses, tu tiens plus longtemps que les autres.
Même quand tout semble bloqué.

  1. La transparence est une arme business

Dans un univers où le marketing brille souvent plus que le produit, montrer la vraie vie de ton projet devient un vrai avantage. Zèta a séduit parce qu’elle a osé dévoiler ses coulisses, ses choix, et même ses limites, et ça a créé une connexion authentique avec ses clients

Et maintenant ?

Aujourd’hui, Laure Babin continue de faire grandir Zèta avec une vision simple :
réinventer la basket en réinventant notre rapport aux ressources. Elle avance avec humilité, mais avec une ambition claire : prouver qu’une autre mode est possible, sans compromis entre style et impact.

 

 

 

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