Ancien restaurant Chez Paul, exemple de commerce familial historique

PAUL : Comment une petite boulangerie du Nord est devenue une icône mondiale du savoir faire français

L’histoire d’une famille modeste qui a tout misé… sur le pain

 

Aux origines : une famille ordinaire, un fournil minuscule, et un Nord encore industriel

L’histoire commence en 1889, à Croix, près de Lille.
Charlemagne Mayot, fils d’agriculteurs, ouvre une petite boulangerie de quartier. Rien ne laisse présager qu’un siècle plus tard, son nom serait affiché dans plus de 50 pays.

En 1908, son fils Edmond reprend la boutique avec son épouse Victorine. Leur fille Suzanne naît dans cette atmosphère de farine et de fournil. Elle épousera en 1935 un jeune boulanger talentueux : Julien Holder. C’est là que tout bascule : la rencontre entre la famille Mayot et la famille Holder crée une lignée d’artisans visionnaires.

Mais à ce moment‑là, rien n’est gagné. On parle d’une époque où la boulangerie est un métier dur, physique, peu rémunéré. Pas de business plan, pas d’investisseurs… (Pas d’investisseur = Pas de bras = pas de chocolat, et dans une boulangerie avoue que c’est pas possible !). Juste des mains donc, de la farine, et des journées qui commencent à 3h du matin.

Oser aller à contre‑courant

Le vrai tournant arrive avec Francis Holder, le fils de Suzanne et Julien.
Il commence à travailler très jeune dans la boulangerie familiale, puis reprend l’affaire à 17 ans, lorsque son père décède en 1958. À cet âge, beaucoup auraient abandonné. Lui, non.

Son déclic ?
Comprendre que la tradition pouvait devenir une force… à condition de la rendre visible.

En 1972, il prend une décision radicale : installer un four à bois en plein milieu du magasin, à la vue des clients.

À l’époque, c’est une hérésie. Les boulangeries cachent leurs fournils.
Lui décide de montrer le geste, la pâte, la cuisson lente, le levain.

Il transforme un acte banal (acheter du pain) en expérience visible.

C’est ce moment qui fera de PAUL une marque, pas seulement une boulangerie.

Manque d’argent, concurrence féroce, et un marché qui change

L’histoire pourrait être romancée, mais la réalité est plus rude.

Francis doit affronter :

  • Le manque de moyens : il commence avec 10 000 anciens francs pour ouvrir une nouvelle boutique en 1963.
  • La montée de la grande distribution : les supermarchés écrasent les artisans. (Les salauds !!)
  • La pression du volume : pour survivre, il doit produire plus, sans perdre la qualité.
  • Le scepticisme : qui veut encore du pain rustique quand la mode est au pain blanc industriel ?

Une vision, un branding, et un pari international

Plusieurs décisions clés vont propulser PAUL dans une autre dimension (reste avec nous, sur Storypreneur on fait pas dans la fiction…) :

  • 1972 : le fournil visible

Une révolution dans le secteur. Les clients affluent.

  • Années 1980 : l’industrialisation maîtrisée

Francis anticipe la demande et construit sa première usine en 1970 à La Madeleine.
Il devient fournisseur d’Auchan, Monoprix, Nouvelles Galeries. (ben finalement, c’est quand même bien qu’ils soient là non ?😇)

    • 1985 : première ouverture à l’étranger (Barcelone). Quand tu penses qu’en Espagne, certaines pâtisseries et viennoiseries utilisent du saindoux (graisse de porc) à la place du beurre, il a du vite faire un carton notre ami Paul.

La marque sort de France.

  • 1989 : première franchise internationale au Japon

Un pari fou : exporter le pain français dans un pays où le pain n’est pas un aliment traditionnel. (l’audace entrepreneuriale, toujours le combo audace + persévérance, je n’arrête pas de le dire..
Succès immédiat. Tient tient…

  • 1993 : les façades noires iconiques

PAUL devient reconnaissable entre mille. Un branding simple, puissant, intemporel.

C’est là que la marque passe du statut d’artisan à celui d’ambassadeur du savoir‑faire français.

La réussite : une marque mondiale, un empire familial

Aujourd’hui, PAUL c’est :

  • Plus de 750 points de vente dans près de 50 pays
  • Un chiffre d’affaires de 822 millions d’euros en 2022
  • 11 000 employés
  • Une présence de Londres à Tokyo, de Dubaï à Washington
  • Une marque élue “Marque préférée des Français” dans sa catégorie en 2024

Et malgré cette expansion, la famille Holder reste aux commandes.
En 2019, Maxime Holder, fils de Francis, devient Directeur Général du groupe.

Une saga familiale de 5 générations. Rares sont les marques qui peuvent en dire autant.

 

Ce que son parcours peut t’inspirer :

  1. La tradition peut être une innovation, si tu la rends visible

Francis n’a pas inventé le pain. Il a inventé une autre manière de le montrer.

→ Ton savoir-faire a de la valeur. Montre-le.

  1. L’audace paie toujours à long terme

Installer un four en plein magasin ? Exporter une boulangerie française au Japon ?
Changer l’identité visuelle d’une marque centenaire ? À chaque fois, PAUL a osé.

→ Si ton idée semble folle, elle est peut-être juste en avance.

  1. La constance crée la confiance

130 ans de qualité, de recettes maîtrisées, de gestes répétés.
Ce n’est pas glamour, mais c’est ce qui construit une marque durable.

→ La discipline et la rigueur sont des avantages compétitifs sous-estimés.

 

Une vision qui continue de se réinventer

Aujourd’hui, PAUL ne se repose pas sur son histoire. La marque innove encore :

  • nouveaux concepts PAUL Le Café
  • filière blé française responsable
  • engagement nutritionnel (PNNS2 dès 2008)
  • diversification internationale continue

 

La famille Holder poursuit la même mission depuis 1889 : créer des moments de partage autour de produits simples, mais faits avec exigence et dans le soucis de la tradition.

Conclusion : « Les grandes histoires commencent souvent dans les petits ateliers. »

Quelle magnifique ascension !

Si cet article t’a inspiré, tes commentaires et partages sont toujours les bienvenus.😉

 

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